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Présentation d'Eric Tricoire sur 'La médecine aéronautique appliquée à la sécurité en voltige aérienne' - 18/12/2004
Compte-rendu par Gautier Guérard

Causes théoriques d'accident:

- Perte de connaissance totale, dont la dangerosité varie en fonction de la durée et de la phase de vol (moins dangereux à 10000ft en palier que en descente verticale ou à 500ft).
- Perte de connaissance partielle: il ne faut pas les différentier ou les hiérarchiser par rapport aux pertes de connaissances totales, car elles sont aussi dangereuses.
- Perte de la capacité de contrôle de l'appareil, qui peuvent intervenir pour des raisons physiques (douleurs vives) ou psychiques (phases psychologiques ou le pilote se sent invincible et tente des figures dangereuses et non maîtrisées par exemple).

La perte de connaissance totale:
Elle est brutale. On ne se rend compte de la perte de connaissance que après le réveil! Les causes peuvent être cardiaques ou cérébrales (hémorragie, épilepsie, etc...). Les histoires de "cerveau qui gonfle" sous facteur de charge négatif, ce qui serait provocateur d'hémorragie sont des légendes.

La perte de connaissance rapidement progressive (prodrome):
La chute tensionnelle n'est pas assimilable au voile.
Le jolt est un facteur aggravant, car les mécanismes physiologiques de protection ont moins de temps pour réagir à l'accélération.

Le voile noir
Ca n'existe pas, c'est en fait le début d'une syncope, d'où la nécessité pour le voltigeur de ne pas prendre à la légère ce genre de manifestations. On peut rappeler un incident survenu il y a quelques années au Castellet lors d'un vol d'instruction: suite à un voile noir, l'élève s'évanouit. Le recouvrement complet de la conscience a pris 8 heures. Dans l'attente, l'élève était dans l'incapacité de piloter l'avion, et il avait subit une perte de mémoire (il ne se rappelait plus qu'il était en vol, ni de son nom, etc...). Un atterrissage s'en est suivi, et un rapatriement de l'élève à l'hôpital par le SAMU. L'élève ne s'est "réveillé" qu'à l'hôpital...

Perte de conscience progressive:
Les facteurs aggravants sont:
- Hypoglycémie. Il faut donc bien manger avant de voler.
- Hypoxie: Ne se rencontre pas en voltige, à part dans 2 cas, qui sont l'anémie et l'excès de tabac. LEs fumeurs ont un taux de monoxyde de carbone dans le sang beaucoup plus élevé que la normale, ce qui aggrave les effets de l'altitude.
- L'endormissement: ce qui peut être du à la fatigue, ou à un excès de médicaments.

Perte de capacité de contrôle de l'appareil:
Les causes sont:
- Douleurs incapacitantes (colique frénétiques, sinusite barotraumatique, accident cardiovasculaire).
- Vertiges (copulolitiases): cf. cas d'un champion du monde français qui a perdu son aptitude médicale suite à ce genre de problème.
- Cécité brusque (ce n'est pas un voile noir).
- Altération jugement (Coke + Alcool). Bizarrement, le ministère de la jeunesse et des sports autorise 0,2g d'alcool dans le sang lors des compétitions de voltige, alors que pour la plupart des autres disciplines, le seuil est à zéro gramme...

La prévention:
- Il faut être ouvert avec son médecin aéro lors des visites.
- Attention à l'âge...
- Attention à l'hygiène de vie, et aux médicaments qu'on consomme (les sulfamides, notamment, peuvent provoquer des hypoglycémies).
- Préparation du vol: ne pas oublier la check-list du pilote,où on portera les points suivants: envie, motivation, forme, fatigue, capacité.
- Le rôle des copains: il faut savoir "conseiller" à un pilote de ne pas partir en vol.

Le pilote âgé:
- La corrélation entre le taux d'accident et l'âge n'est pas prouvée!
- Les organes sensibles à l'âge sont notamment l'ouïe, la vue et le coeur. C'est le rôle du médecin aéro de vérifier l'état ce santé du pilote, et de ne pas renouveler une aptitude médicale. Une fois de plus, attention aux médicaments!
- Une grosse expérience aéronautique peut masquer une diminution physique.

Diététique:
- Ne pas oublier de bien s'hydrater. Une sous-hydratation peut augmenter les douleurs musculaires après le vol.
- Le sucre absorbé après le vol permet d'éliminer les courbatures. Avant le vol, il ne sert à rien.
- Eviter les protéines pendant les compétitions, car la digestion de cet élément est très energivore.
- Moralité: le bon voltigeur doit boire beaucoup d'eau, et bouffer des pâtes natures (vive les sucres lents).